Serge Nyuiadzi : « À Sofia je suis devenu un homme ! »

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À 23 ans l’attaquant formé à l’OGC Nice a déjà vu du pays et nous prouve que le football est avant tout une histoire de détermination.

Interview exclusive de Serge Nyuiadzi : footballeur français évoluant au Žalgiris Vilnius par Sarah sur Mixcloud

Bonjour Serge, on peut dire que l’année 2015 est dans la continuité de l’année 2014, (NDLR : où le Žalgiris Vilnius a été sacré champion de Lituanie pour la seconde fois d’affilée) pour le moment 4 matchs 4 victoires…

Bonjour ! Oui oui ça a commencé comme ça a fini et l’objectif reste d’être champion. Ça a été un peu plus dur au début avec le changement de coach et les automatismes à recréer, mais ça se passe plutôt bien pour l’instant.

Avant de revenir dessus on va reprendre ta carrière du début, tu as commencé le foot à Paris c’est ça ?

Oui à l’USA Clichy (92) à l’âge de 11 ans, puis à 14 ans je suis parti à Nice.

Dès tes 11 ans tu t’imaginais footballeur professionnel ?

En tant que passionné de foot, j’ai toujours rêvé de vivre du foot, à fond ! À l’âge de 7, 8 ans je me rappelle je regardais tous les matchs, je connaissais tous les noms des joueurs, toutes les équipes… Mais c’est au moment de partir au centre de formation de l’OGCNice que je me suis dit que j’allais en faire un métier.

Et comment ça s’est passé pour toi à Nice ?

J’ y ai fait toutes mes classes, des 14 ans fédéraux au contrat professionnel…

… Et durant ces années t’as même connu l’équipe de France ! Une forme de concrétisation ?

Plutôt une récompense, c’est vrai que chaque joueur en U16 ou U18 nationaux rêvent de porter le maillot du pays, mais ça venait plus récompenser une progression et ça reste une super expérience.

Dans ce contexte-là, pourquoi avoir quitté l’OGC Nice ?   

J’avais signé un contrat 1+2 (NDLR : 1 an plus 2 potentiellement renouvelables), mais durant mon année professionnelle je n’ai joué qu’un match de Coupe de France et aucun en Ligue 1. À la fin de la saison le président a changé, le coach aussi… Claude Puel est arrivé avec son nouveau staff et des joueurs, et moi je n’ai pas été renouvelé. Du coup j’ai dû chercher autre chose.

« Je suis un peu aventurier dans l’âme »

 

Et c’est comme ça que tu te retrouves en Bulgarie en 2012 ?

En Bulgarie ouais (rires), à Sofia ! Il faut dire que je suis un peu aventurier dans l’âme, donc c’est pas le genre de truc qui me fait peur … À la base j’ai quitté le Togo pour la France, donc quitter la France pour vivre mon rêve à l’étranger ça n’a pas été un problème.

Dans un premier temps j’avais l’opportunité d’aller au Chernomoretz Burgas, j’ai fait un essai là-bas qui n’a pas été concluant. Mais de là le CSKA Sofia, qui se trouve être l’un des meilleurs clubs du pays, me convoque et me propose un essai, qui marche cette fois-ci. Donc je signe en été 2012 pour 3 ans à Sofia.

Raconte nous un peu cette expérience… Ça t’a changé de la France ?

Oui c’est sûr que c’est différent, une autre culture, une autre langue, un autre alphabet… Bon même si l’expérience a mal fini, ça avait très bien commencé, j’ai été le héros du derby face au Levski Sofia en marquant le but vainqueur. On peut dire que je suis arrivé gamin à Sofia et quand je suis parti j’étais un homme.

Mais en quel sens ça s’est mal passé ?

Le club avait des problèmes administratifs et financiers, du coup on avait du retard sur nos salaires… En plus je suis arrivé la mauvais année, il y avait eu beaucoup de départs, beaucoup d’arrivées… En plus de mon côté j’ai fait que 10 petits matchs parce que j’ai été blessé gravement. Un claquage musculaire qui m’a tenu éloigné des terrains pendant 3 mois.

En tout cas t’as su rebondir, aujourd’hui nous sommes en Lituanie et tu as l’air de t’y épanouir, en tout cas sur le terrain…

Oui comme je le dis souvent, ici avec le Žalgiris Vilnius j’ai retrouvé le plaisir de jouer. J’ai connu ça à Nice et Sofia mais ça se finissait à chaque fois mal, avec des problèmes. Tandis que là ça fait un an et demi que je me régale, tout est fait pour qu’on gagne, qu’on puisse évoluer en Coupe d’Europe. En plus Vilnius ça reste une super ville qui a son Histoire, ça reste une capitale…Donc je ne me plains pas !

Et quelles sont les particularités du championnat lituanien ?

Ce que je ne connaissais pas c’est que c’est un championnat à 10 équipes. Du coup on rencontre 4 fois les équipes, 2 fois à l’aller, 2 fois au retour.

Après le jeu c’est bien physique, il faut dire qu’on est à côté de la Russie, l’Ukraine, la Pologne, la Biélorussie… Avec des défenseurs rudes qui jouent directement vers l’avant…Mais dans mon équipe on est beaucoup d’étrangers, et on essaie de produire du jeu, c’est ce qui fait, je pense, notre force… On est plus technique et plus tactique que les autres équipes du championnat.

Par rapport au championnat français, tu dirais que le Žalgirus Vilnius se situerait à quel niveau ?

Je ne vais pas dire la Ligue 1, mais niveau Ligue 2 ouais. On a fait d’ailleurs plutôt bonne figure en coupe d’Europe cet été (NDLR : éliminé en juillet de la Ligue des Champions après deux défaites 2-0 contre le Dinamo Zagreb).

Au niveau de tes coéquipiers tu nous disais qu’il y avait beaucoup d’étrangers, comment t’y prends tu pour communiquer avec eux ?

On parle en anglais, la différence avec la Bulgarie c’est justement qu’ici tout le monde parle anglais. L’année dernière le coach était Polonais, donc du coup il communiquait anglais. Cette année il est lituanien, mais il a un anglais parfait du coup tout le monde se parle anglais, et c’est plus facile comme ça.

Raconte-nous un peu ta journée type ici ?

Pour une semaine lambda avec le match le samedi soir, on va dire que le lundi matin je me lève à 8h30, j’ai entraînement à 10 heures et j’en sors à 12h – 12h30. Je déjeune puis sieste obligatoire, en tout cas pour moi (rires), après si on double l’entraînement l’après-midi il sera plus vers 16h30 – 17 heures et il finira vers 19h30 – 20 heures. Et si on n’a pas entraînement l’après-midi, je reste à la maison ou je sors visiter… Mais c’est vrai que je suis plutôt casanier et un grand fan de jeux vidéos, de films et de séries.

Et dis-nous au niveau du climat ça n’a pas dû être facile, toi qui vivais sur la Côte d’Azur…

C’est clair et encore plus au vu de mes origines togolaises (rires)… Mais bon j’avais connu Sofia avant, où les températures descendaient déjà jusqu’à – 10°C. Mais c’est vrai qu’ici j’ai connu des – 25°C ! Et à mon arrivée au mois de septembre il faisait déjà -2°C ! Après au niveau des installations on a si besoin un complexe couvert pas très loin qui nous permet de s’entraîner quand il neige ou quand notre terrain d’entraînement est impraticable. Au final c’est une question d’habitude, la météo ça a été dur au début mais je pense avoir une bonne capacité d’adaptation.

Il y a quelque chose qu’on remarque de plus en plus chez toi, c’est ta proportion à délivrer des passes décisives alors qu’on t’avait davantage profilé comme un buteur (NDLR : en 2014 : 13 buts et 15 passes décisives ; en 2015 : 1 but et 1 passe décisive) Comment expliques-tu cette évolution ?

C’est vrai que plus jeune, j’étais plus un avant-centre et je voulais surtout marquer des buts (rires). Puis en arrivant chez les pros on m’a mis sur le côté, et avec ma vitesse, ma technique j’ai vu que je pouvais tout aussi bien jouer sur le côté gauche et je m’y plais. Après si on a besoin de moi en pointe j’y vais et si on a besoin de moi à gauche j’y vais aussi ! De toute façon maintenant dans le football vaut mieux être polyvalent. C’est un atout et j’en profite.

Et ce profil complet fait de de toi un élément intéressant pour le sélectionneur des Éperviers du Togo, non ?

(rires) C’est une question qui revient fréquemment ces derniers temps c’est vrai…

 

« J’aimerais jouer pour le Togo »

 

Surtout qu’avec les qualifications de la Can 2017 et du Mondial 2018, qui aura en plus lieu dans une région du globe que tu connais bien (NDLR : la Russie) ça fait pas mal d’échéances importantes qui arrivent…

Oui c’est sûr ! J’ai des contacts, des coups de fil du pays qui me questionne sur mes intentions… Et c’est clair que je souhaiterais rejoindre la sélection togolaise. Même si j’ai connu l’équipe de France en jeunes, je ne vais pas me voiler la face avec l’équipe de France A… Quoiqu’on sait jamais, regarde Olivier Giroud, il est en équipe de France maintenant et il est parti de loin lui aussi (NDLR : à 23 ans Olivier Giroud n’avait jamais connu la Ligue 1 et évoluait au Tours F.C. ). Mais c’est vrai que j’aimerais jouer pour le Togo, le pays de mes parents, c’est toujours un honneur de représenter son pays d’origine.

Tu as des amis parmi les internationaux togolais ?

Je ne connais pas les joueurs personnellement, même si il y en a un avec qui je partage le même manager… Mais j’aimerais y aller, je me sens prêt, à 23 ans ce serait bien pour ma carrière.Je suis en attente de ça. À moi de prouver tous les weekends avec Žalgiris que je suis capable d’intégrer la sélection.

Tu sais qu’à Vivre du Foot on a la traditionnelle question personnelle à la fin de l’interview. À toi de piocher une question au hasard, de la lire et d’y répondre !

Je ne suis pas fort au Loto donc je crains le pire (rires).

Quels sont les 3 objets que je ne quitte jamais ? Ouhla ! En n°1  je vais dire le téléphone, comme la plupart des gens… En 2 je pense qu’on peut parler du ballon, je le vois et le touche tous les jours, et en 3… sûrement la PlayStation (rires). 

Merci Serge, pour finir quel conseil donnerais-tu aux adolescents qui nous suivent et qui désirent devenir eux-aussi footballeur professionnel ?

De ne jamais abandonner. Et si j’ai découvert un truc, bien que je sois encore jeune, c’est que le travail paie toujours. J’étais déjà convaincu et je le suis encore plus au fil des années. Si t’as un rêve travaille pour l’atteindre !

 

Arrêts de jeu :

Découvrez les plus belles actions de Serge Nyuiadzi, durant la saison 2014, dans le montage ci-dessous.

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Un commentaire

  • cisse inza khalil

    j’aimerais bien passé par cette voix pour vous demande de l’aide et avoir une invitation pour un stage je suis un jeune joueur de 16 ans je joue avec une équipe de la 2eme division ivoirienne je suis un ivoirien je vie en cote d’ivoire a Abidjan je faire 1m78 69kg je suis un milieu de terrain et je peut aussi jouer d’autre poste comme attaque et bien d’autre j’aimerais vraiment avoir de l’aide de votre part je veux réalisé mon rêve de footballeur professionnelle cela me fera vraiment plaisir d’avoir une repose de votre part merci d’avance +22508122198 cisse.inza1010@gmail.com

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